17 janvier : nouvelle lune
1er janvier : gibbeuse croissante
Les lendemains rangés
derrière le double-vitrage
l’espoir en carapace
au chaud le présent
intact dans son silence
recroquevillé
nos semelles raclent
la route droite
goudronnée
il faudra quêter l’herbe folle
dans la fissure de l’asphalte
installons le camp de base
de là attiser
au vent froid
un feu
repérés enfin
nos corps dépliés
dehors peut pénétrer
et nous entraîne
31 décembre : gibbeuse croissante
Ce matin il tombe des cendres
sur les enfants
qui jouent
dehors
cendres sur nos livres
tourbillons graciles
nappent
les assiettes
recouverts
le chat immobile
tout gris
nous interroge
du regard
peut-être un Vésuve
a surgi
près de la maison
que bientôt
nous ne verrons plus
16 décembre : dernier croissant
Chevelure de Bérénice
tu es
l’astérisme du ciel boréal
la matière noire entre les galaxies
celle dont on ne sait si elle existe
chevelure de Bérénice
tu es
la steppe blanche des pages
la matière noire entre les mots
celle dont on ne sait si elle existe
tu es celle qui fait tout tenir ensemble
11 novembre : gibbeuse décroissante
Le père mort est si jeune
qu’assis aux côtés de son fils
sur le banc
leurs regards ridés
suivent le jeu
des petites filles
1, 2, 3
il lui a parlé de son futur
comme un fils à son père
soleil
13 octobre : dernier quartier
7 septembre : pleine lune